Enseigner/apprendre une langue vivante avec un masque

Cet article propose un ensemble de réflexions à même de fournir des pistes autour de l’enseignement et de l’apprentissage d’une LVE avec un masque.

Un premier constat s’impose assez rapidement à qui enseigne avec un masque : ce dernier modifie et réduit la portée de la voix, en en limitant l’irradiation. Par ailleurs, le fait que la bouche de celui qui parle comme de celle de ceux qui écoutent, soit masquée gêne l’ancrage visuel et peut brouiller la communication.

Ces remarques liminaires simples amènent à formuler un certains nombre de points de vigilance auxquels les enseignants de LVE sont amenés à porter une attention particulière et auxquels ils pourront également chercher avec profit à sensibiliser leurs élèves.

On pourra ainsi réfléchir aux questions suivantes, dont la liste ne cherche pas à atteindre l’exhaustivité :

  • la nécessité accrue de moduler la voix et les intonations ;
  • une articulation à marquer davantage entre l’expression verbale et la communication non verbale ;
  • la durée de prise de parole de l’enseignant qui pourra être plus mesurée encore qu’à l’accoutumée, à la fois dans un souci d’économie (physique) mais aussi pour des raisons d’efficacité, en ne sollicitant pas trop la concentration des interlocuteurs ;
  • se tourner et diriger sa voix vers son/ses interlocuteurs pour accompagner le message en situation de communication afin de faciliter sa compréhension à la fois avec une voix qui portera mieux et en s’appuyant sur la communication non verbale qui pourra être accentuée par les gestes ; cette réflexion vaut évidemment pour le professeur mais aussi pour les élèves qu’on sensibilisera très tôt à cette nécessité de « joindre le corps à la parole » ;
  • l’alternance des phases d’apprentissage et le rythme de cette alternance qui pourront faire l’objet d’un soin particulier afin de s’assurer de la compréhension et de l’engagement des élèves ; à l’oral comme à l’écrit, en classe entière ou en groupes, les phases récapitulatives ainsi que les pauses réflexives seront des moments privilégiés pour cela et pourront être davantage explorées encore ;
  • enfin l’utilisation du numérique qui offre de nombreuses plus-values (comme par exemple la possibilité de s’enregistrer sans masque sur un terminal mobile ou un outil nomade).

Merci à Agnès Lelièvre et Carole Guérin Callebout, IA-IPR d’espagnol et de français de l’académie de Normandie, d’avoir posé les bases de cette réflexion.

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